21:1 "Parle (aux pontifes) ... et dis-leur".

Selon Rachi : « "Parle (…) et dis-leur". [La raison pour laquelle le verbe 'parler' et 'dire' sont répétés (1) est] pour que les adultes mettent en garde les enfants [afin qu'ils respectent le commandement enseigné dans notre verset] (Yevamoth 114a) ».

Cette mise en garde nous enseigne que nous ne devons pas prêter main dans les cas où des enfants [agissent d'une certaine façon] qui les rend impurs. Il existe de nombreuses mises en garde de la sorte dans la Tora, tel que l'ont interprété nos Sages (2) : [notons comme exemple] celles de [l'interdiction de la consommation] du sang ou des reptiles (3); [on peut citer également celle qui concerne] l'impureté (4).

Nous apprenons de ces exemples [que ce principe] s'applique à toutes les interdictions de la Tora : que nous ne devons pas aider un enfant à les transgresser. D'autre part, s'ils agissent par eux-mêmes, il n'est pas commandé [à un tribunal rabbinique] d'intervenir afin de les en empêcher (5).

Ainsi, la signification du verset, selon l'interprétation [de nos Sages] est : « Parle aux pontifes [pour leur dire qu'ils ne doivent pas se souiller par l'impureté d'un cadavre] et répète-leur [cette notion] selon laquelle ils ne doivent pas se souiller ». [La raison] de ces multiples mises en garde est que tous les enfants d'Aaron (6) sont commandés de faire attention à se protéger [afin de ne pas se souiller] et que même les jeunes enfants sont concernés.

Selon Rabbi Abraham [ibn Ezra], l'explication simple [du verset est la suivante] :

« Parle aux pontifes », fait référence au passage précédent (7) car ils sont les enseignants de la Tora et ceux sont eux qui [doivent] mettre en garde le public. « Et dis-leur », fait référence aux commandements qui concernent seulement eux et qu'ils sont obligés de respecter.

[Cependant, cette interprétation de Ibn Ezra] n'est pas exacte (8). Selon moi, l'explication simple du verset [est la suivante ] :

La signification de « Parle (emor ) aux pontifes » est l'équivalent du [verbe en hébreu] « daber » (9). [Cela est comparable à ce qui est écrit] (10) : « Prête l'oreille à mes paroles (amarai ), ô Éternel ! » [et signifie] : « Mes paroles (d'varai )». Cela peut également [être comparé] à (11) : « Des paroles (imré ) de vérité » et à « Car elle a entendu toutes les paroles (imré ) de l'Éternel » (12). D'autre part, l'expression : « Rends-toi chez Pharaon et dis-lui (v'dibarta ) » (13) est l'équivalent de « dis-leur (v'amarta ) » (14).

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(1) En hébreu, un seul verbe est utilisé : « lemor ». Celui-ci peut vouloir dire : « parler » ou « dire », selon le contexte dans lequel il est utilisé.

(2) Littéralement : « nos Rabbins ». Yevamoth 114a.

(3) En d'autres termes : si un enfant s'apprête à consommer du sang ou un reptile, un tribunal rabbinique n'a pas l'obligation d'intervenir afin de l'en empêcher.

(4) C'est-à-dire : une action que poserait un enfant et par laquelle il deviendrait impur. Dans ce cas également, un tribunal rabbinique n'est pas obligé d'intervenir pour l'en empêcher.

(5) Il est cependant demandé au père d'intervenir afin d'éviter que son enfant transgresse les lois de la Tora (Rambam, Michné Tora, Hilkoth Avel, 3:12).

(6) C'est-à-dire : tous les pontifes.

(7) C'est-à-dire : la Paracha Qédochim.

(8) Selon le Ramban, il est improbable de penser qu'une partie du verset ferait référence à un passage précédent de la Tora, tandis qu'une autre partie ferait référence à un passage à citer.

(9) En français : « parler ». Voir la note (1) précédente.

(10) Psaumes 5:2.

(11) Proverbes 22:21.

(12) Josué 24:27.

(13) Éxode 9:1.

(14) Dans notre verset.

(Extrait de l'ouvrage à paraître aux Éditions Sichy : "Commentaire du Ramban sur la Paracha" ).

Questions sur la Paracha Émor

Approfondissez vos connaissances en répondant à ces questions :

  • Selon le Ramban et le sens strict de la loi, doit-on intervenir dans le cas où un enfant s'apprête à transgresser une loi de la Tora ? Dans l'affirmative, qui doit intervenir ?
  • Selon le Ramban, quelle différence existe-t-il entre les verbes « lemor » et « ledaber » (souvent traduits par : « parler »)?