Ce passage a été écrit afin de nous informer que le Saint – béni soit-Il – sauva Son serviteur (1) « et qu'Il le délivra de la main de plus fort que lui » (2) et « qu'Il envoya un ange » (3) afin de le sauver. Nous apprenons également qu'il (1) ne plaça pas sa confiance en sa piété et qu'il lutta de toutes ses force pour le secours.

Il y a également [dans ce passage] une allusion supplémentaire pour les [futures] générations. De fait, tout ce qui est arrivé à notre père avec son frère Ésaü se produira constament avec nous avec les enfants d'Ésaü.

[C'est pour cette raison qu'il est] approprié de rester sur le chemin [tracé par] les hommes pieux (4) en nous préparant aux trois choses pour lesquelles il (1) s'est préparé : à la prière, à offrir des cadeaux et à être sauvé par les moyens de la guerre, à nous échapper à nous sauver (5). Nos Sages (6) ont déjà perçu cette allusion de ce passage, tel que je le mentionnerai (7).

33:4 "(Ya'aqov envoya des messagers en avant), vers Ésaü son frère, au pays de Séir."

Dans la mesure où la partie sud de la Terre d'Israël est contiguë à celle d'Édom – et que son père « habitait dans le sud du pays » (8) – il (1) devait passer à travers [le territoire] d'Édom ou à sa proximité. Par conséquent, il craignait qu'Ésaü l'apprenne. Il prit alors les devant en lui envoyant des messagers en direction de son pays.

Cependant, nos Sages lui ont déjà formulé des reproches à cet égard tel qu'il est dit dans le Midrach Berechith Rabbah (75:2) : « "Saisir un chien par les oreilles, (c'est le fait du passant qui se met en rage pour la querelle d'autrui)" (9). Le Saint – béni soit-Il – lui dit : "[Ésaü] poursuivait son chemin et tu lui envoies des messagers" ! [De plus,] tu lui dis : "Ainsi parle ton serviteur Ya'aqov" ! (10) ».

Selon moi, cela (11) est également une allusion au fait que nous avons causé notre chute entre les mains d'Édom (12). De fait, les rois [qui dirigeaient le Royaume d'Israël] à l'époque du deuxième Temple [de Jérusalem] (13) contractèrent une alliance avec les romains ; certains d'entres eux allèrent même à Rome [afin d'y conclure cette alliance]. C'est cela qui causa leur chute entre leurs mains et cela est mentionné dans les paroles de nos Sages (6) et largement expliqué dans les livres (14).

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(1) C'est-à-dire : le Patriarche Ya'aqov.

(2) Jérémie 31:10.

(3) Nombres 20:16.

(4) En hébreu : « Tsadiq ».

(5) C'est-à-dire : que nous ne nous dressions pas contre nos ennemis afin d'essayer de les détruire, mais que nous choisissions plutôt de nous défendre dans le but de nous sauver.

(6) Littéralement : « Nos rabbins ».

(7) Aux versets 32:9, 17 et 26 et 33:15.

(8) Genèse 24:62.

(9) Proverbes 26:17.

(10) Verset 5 qui suit.

(11) C'est-à-dire : le fait que Ya'aqov ait envoyé des messagers afin de prévenir son frère Ésaü et les reproches que nos Sages lui ont adressés à cet égard.

(12) C'est-à-dire : l'Empire romain.

(13) Cette période s'étendit de l'an 530 avant notre ère à l'an 70 avant notre ère.

(14) Dans le livre « Josippon », ch. 65.

(Extrait de l'ouvrage à paraître aux Éditions Sichy : "Commentaire du Ramban sur la Paracha" ).

Questions sur la Paracha Vayichla'h

Approfondissez vos connaissances en répondant à ces questions :

  • Selon le Ramban, quel enseignement historique peut-on apprendre de notre Paracha ?

  • Le Patriarche Ya'aqov a-t-il eu raison d'envoyer des messagers en direction d'Esaü ?

  • Quels rapports doit-il exister entre un père, un frère aîné et un frère cadet ?
  • Selon le Ramban, quelle raison Ya'aqov avait-il de décrire sa richesse à son frère Ésaü ?